Plan Maroc Vert

Introduction

La stratégie du Plan Maroc Vert concerne un secteur qui contribue à hauteur de 19% au PIB national, dont 15% dans l'agriculture et 4% en agro-industrie. Ce secteur emploie plus de 4 millions de ruraux et crée environ 100 mille postes d'emploi dans le domaine de l'agro-alimentaire.

Ce secteur joue un rôle déterminant dans les équilibres macro-économiques du pays. Il supporte une charge sociale importante, étant donné que les revenus de 80% des 14 millions de ruraux dépendent de l'agriculture.

Aussi, il est à rappeler la lourde responsabilité qui incombe à ce secteur quant à la sécurité alimentaire de 30 millions de consommateurs. Ce qui démontre le rôle crucial que joue l'agriculture dans la stabilité économique et sociale de notre pays.

Malgré le rôle économique de  l'agriculture nationale cette dernier  heurte à plusieurs contraintes dont les plus importantes (faible investissement ; faible organisation ;encadrement insuffisant).

Les stratégies de plan Maroc vert.

En exécution des hautes directives de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, le département de l’Agriculture s’est investi dans la formulation d’une nouvelle stratégie de développement agricole qui devra nécessairement :

  • Imprimer au secteur agricole une dynamique d'évolution harmonieuse, équilibrée et évolutive qui tienne compte de ses spécificités ;
  • Exploiter les marges de progrès et valoriser au mieux les potentialités ;
  • Faire face aux nouveaux enjeux tout en préservant les équilibres sociaux et économiques ;
  • Accompagner la profonde mutation que connaît le système agro-alimentaire mondial.

La stratégie est articulée autour d’une approche globale qui couvre l’ensemble des acteurs selon leurs objectifs propres. Elle repose d’ailleurs sur deux piliers majeurs : l’agriculture moderne et solidaire.

L’objectif, concernant l’agriculture moderne, est de développer une agriculture performante, adaptée aux règles du marché, grâce à une nouvelle vague d’investissements privés, organisés autour de nouveaux modèles d’agrégation équitables.

Quant à l’agriculture solidaire, l’objectif est de développer une approche orientée vers la lutte contre la pauvreté, en augmentant de manière significative le revenu agricole des exploitants les plus fragiles, notamment dans les zones périphériques.

Les idées du plan Maroc vert

Six idées centrales ont servi de base de réflexion pour l’élaboration du « Plan Maroc Vert » et la stratégie de relance de l’agriculture marocaine.

  • L’agriculture, moteur de croissance.
  • Une stratégie pour tous .
  • Réorganisation du tissu productif .
  • Encouragement de l’investissement.
  • Des partenariats gagnants.
  • Toutes les filières sont concernées.

Le pilier I

Une agriculture moderne à forte valeur ajoutée.

L’objectif du Pilier I du Plan Maroc vert est le développement accéléré de l’agriculture à forte valeur ajoutée et à forte productivité. Cela passe par la création volontariste de pôles de développement agricoles et agroalimentaires à forte valeur ajoutée, répondant pleinement aux exigences du marché.

Ce développement pourrait également être atteint à travers le déclenchement d’une nouvelle vague d’investissement massif autour de nouveaux acteurs à forte capacité managériale, rationalisation des structures de l’industrie et mutualisation des moyens autours de GIE privés et de groupements interprofessionnels.

A terme, le pilier I devrait concerner 400.000 exploitants, générer 150 Md de dirhams d’investissements autour de 900 projets.

Parmi les outils stratégiques retenus pour la mise en œuvre de la stratégie, nous citerons les nouveaux modèle stratégique d’agrégation sur la base de :

  • Contrats dont les conditions seront définis en amont, par filière et par périmètre d’agrégation ;
  • Cadre incitatif innovant (subventions ciblées, fiscalité aménagée, subventions des formations) ;
  • Accès préférentiel au Foncier ;
  • Accès préférentiel au financement (agrégateurs et agrégés) ;
  • Accès privilégié aux avantages de l’interprofessionnel (export et logistique, branding et gestion de la qualité, agrotech et recherche développement).

Le pilier II

L’agriculture solidaire

Le Plan Maroc Vert prévoit, dans le cadre de son Pilier II, un accompagnement solidaire de la petite agriculture avec comme principaux objectifs :

  • La modernisation solidaire de la petite agriculture afin de lutter contre la pauvreté
  • L’intégration de ces axes dans une stratégie de développement rural intégré et de développement de sources alternatives de revenu.

Entre 600.000 et 800.000 exploitants sont concernés par cette stratégie. Les investissements prévus sont estimés entre 15 et Md de dirhams. Trois millions de ruraux devraient voir leurs conditions de vie améliorées.

Parmi les outils stratégiques retenus pour la mise en œuvre de la stratégie, nous citerons :

  • L’amélioration de la productivité et de la valorisation à travers des actions d’encadrement (formation / vulgarisation) et de développement rural ;
  • L’appui à la reconversion vers des secteurs porteurs ;
  • Mise en gestion déléguée des fonctions d’animation/encadrement des petits exploitants ;
  • Le développement d’outils d’agrégation sociale ;
  • Une structure d’appui aux projets de reconversion (50-70 projets pour une population cible de 30 à 40 000 exploitants), d’intensification (100-150 projets soit 1.2 millions de ruraux) et aux projets de diversification (100 -150 projets pour 300 000 exploitants) ;
  • La mise en œuvre des innovations institutionnelles qui s’imposent pour affronter les défis de l’eau.

Le système d’agrégation.

L’agrégation qui représente l’un des fondements du Plan Maroc Vert, est un modèle novateur d’organisation des agriculteurs autour d’acteurs privés ou d’organisations professionnelles à forte capacité managériale. C’est un partenariat gagnant-gagnant entre l’amont productif et l’aval commercial et industriel qui permet notamment de dépasser les contraintes liées à la fragmentation des structures foncières tout en assurant aux exploitations agrégées de bénéficier des techniques modernes de production et du financement et d’accéder au marché intérieur et extérieur.

Les plan agricoles régionaux.

Pour la concrétisation des objectifs fixés en termes de création de richesse et d’emploi, et de lutte contre la pauvreté , des partenariats gagnant-gagnant ont été conclus et mis en œuvre avec les parties prenantes aux différents niveaux (filières, territoires, etc.) et concernent :

  • La signature de 10 Contrats Programmes Filières entre l’Etat et les professionnels : sucre, agrumes, céréales, maraichage, palmier dattier, lait, viandes rouges, aviculture, semences, oléiculture, ainsi que les mécanismes institutionnels pour le suivi et l’évaluation annuelle de leur mise en œuvre (2008, 2009 et 2010) ;
  • La création de 9 interprofessions ;
  • L’élaboration de 16 Contrats Agricoles Régionaux représentant la concrétisation propre à chaque région du PMV en termes de projet, d’investissement, d’emploi, d’export sont conduits avec les partenaires locaux (collectivités locales, chambres d’agricultures et les départements ministériels concernés) (2009) ;
  • Le lancement de plus de 100 projets pilier II en 2010 et 102 projets pilier II en 2011 couvrant l’ensemble du territoire du Royaume et les principales filières végétale et animale ainsi que les actions transverses de grands intérêts (qualité, environnement, labellisation…) ;
  • La dynamique de l’investissement a été confortée par la révision des aides et incitations prévues dans le cadre du Fonds Développement Agricole (FDA). Cette refonte a eu pour finalité de contribuer efficacement à l’atteinte des objectifs de la politique agricole du pays et d’améliorer l’efficacité du FDA comme instrument d’impulsion et d’incitation à l’investissement. (Un décret en 2009, 3 décrets et 13 arrêtés en 2010, 2 décrets et 2 arrêtés en cours d’approbation) ;
  • La mise en place d’un Project Management Office (PMO) pour la gestion des Contrats Programmes Etat/Profession ;
  • L’amélioration massive de l’accès aux semences ;
  • Des contrats de partenariats sont aussi en cours entre l’Etat et des banques de la place pour assurer un accompagnement financier, y compris la création d’une structure spécialisée pour le financement des petits agriculteurs. D’autres partenariats ont été aussi initiés avec des opérateurs publics et privés concernés par le secteur (opérateurs du secteur de l’eau, agrégateurs, bailleurs de fonds nationaux et internationaux, ONG, etc.) (2009 et 2010) ;
  • Le lancement effectif de 2 agropoles (4 en préparation) afin d’augmenter massivement le taux de valorisation des produits agricoles ;
  • La poursuite des dossiers de modernisation de 4 ORMVA pilotes : Doukkala, Loukos et Tadla et le Gharb ;
  • La réalisation des programmes d’investissement dans l’irrigation : Programme National d’Economie en Eau pour l’Irrigation et Programme de Résorption des Décalages (~50 Milliards DHS sur 10 ans) ;
  • Le démarrage de la formation par apprentissage de 60 000 fils et filles d’agriculteurs ;
  • La création de l’Ecole Doctorale de l’Agriculture à l’IAV Hassan II ;
  • L’adoption du système LMD dans la formation Universitaire pour l’intégration des Etudiants Marocains à l’étranger ;
  • Le lancement d’un programme de développement des produits du terroir (indication géographique, labellisation, qualité …. ;
  • La promotion des productions de qualité et l’accompagnement technique et réglementaire ;
  • La consolidation du système de suivi-évaluation et des systèmes d’information y afférant.

Par ailleurs et dans le même cadre d’amélioration de l’environnement du secteur, le département de l’agriculture a préparé de nouvelles lois notamment celles qui vont régir l’interprofession et l’agrégation.

Le nouveau cadre juridique pour les interprofessions va permettre d'améliorer la gouvernance et la prise de décision entre les acteurs qui interviennent tout au long d’une même filière, de renforcer le rôle de ces interprofessions en tant que seul interlocuteur vis-à-vis des autorités publiques comme il va leur faciliter l’accès à de nouvelles ressources pour le financement de leur fonctionnement et la réalisation de leurs programmes de travail.

Le cadre juridique de l’agrégation va, quant à lui, permettre de clarifier les rôles et droits de toutes les parties impliquées dans les différents systèmes d’agrégation (agrégateurs, agrégés, Etat) et d’en garantir l’application à travers des instances d’arbitrage.

Cette nouvelle loi va permettre également de déployer de nouvelles formes d’incitation pour encourager et soutenir le développement de l’agrégation. Deux ans après son lancement, la nouvelle stratégie agricole a été consolidée et opérationnalisée, offrant une visibilité aux acteurs nationaux et internationaux et générant une mobilisation qui gagne à être mise à profit pour accélérer et améliorer les dynamiques enclenchées.

C’est dans ce cadre que plusieurs chantiers stratégiques ont été ouverts : projet d’Assurances Agricoles, Promotion des Produits de Terroirs, stratégie Recherche Développement, Intrants, formations et recherches…etc.

La mise en œuvre de la nouvelle politique agricole s’inscrit aussi en harmonie avec les autres chantiers de développement que connait le pays (Social, Logistique, Infrastructure, Aménagement de Territoire, Environnement, Régionalisation).

Les évolutions constatées sont conformes aux résultats attendus. En effet, les investissements aussi bien publics que privés ont connu un accroissement remarquable dénotant une appropriation et mobilisation remarquables des operateurs du secteur. Les conditions de productions ont ainsi permis d’atteindre des niveaux de production qui confortent les objectifs en termes d’impacts économiques et sociaux.